La jeune fille est introuvable depuis un rendez-vous à Marseille pour un emploi de baby-sitter
Meddy remue ciel et terre. Ne lâche plus son téléphone portable, le seul lien qui pourrait encore le rapprocher de Fatima, sa compagne. Le 7 mai, vers 15h, elle s'est comme volatilisée. Une disparition jugée à ce point inquiétante que la police judiciaire s'est saisie de l'enquête, depuis hier matin et a décidé de lancer un appel à témoins. Si Meddy se mobilise à ce point, distribue des tracts et des affiches partout dans le quartier de Malpassé, où l'étudiante de 20ans a disparu, c'est parce qu'il sent bien qu'un événement grave s'est produit.
L'enchaînement des faits qui ont précédé ressemble fort à un scénario catastrophe. À la fin du mois d'avril, le couple se rend dans un cyber-café. Fatima veut déposer une annonce sur internet pour proposer ses services de baby-sitter. Elle ne reçoit aucune proposition jusqu'à un coup de fil, le matin du 7mai. "Un homme se prétendant divorcé lui disait que sa femme cherchait quelqu'un pour garder deux enfants de huit ans, se souvient Meddy. Il lui a donné rendez-vous devant une école, à 15h15, l'après-midi, à la sortie de la station de métro Malpassé."
Pour plus de sécurité, Fatima se fait accompagner. Mais arrivée sur place, elle, d'ordinaire si prudente, préfère rencontrer la mère de famille seule. "Elle avait peur que je fasse mauvaise impression", déplore aujourd'hui Meddy. Deux heures plus tard, un mystérieux SMS arrive sur le portable du jeune homme: "J'ai rencont(r)é une ancienne copine. Je serai de retour ce WE. BB". Cette fois, il saisit la gravité de la situation. Même si elle appelle bien son copain "BB" lorsqu'elle lui envoie des messages, la jeune fille, qui vit chez ses parents, n'a pas l'habitude de découcher pendant trois jours et encore moins de prendre ce genre d'initiative.
Son portable est débranché et seule la voix de sa boîte vocale répond aux appels angoissés de la famille. "Elle est calme, heureuse avec nous, assure sa mère, Zoukha, sous le choc. Elle s'inquiète encore plus que ses parents pour sa famille. On est sûr qu'elle a été enlevée. Il n'y a que cette solution."
Sans argent, ni vêtements, toujours handicapée par une opération aux genoux, subie quelques jours seulement avant sa disparition, l'étudiante n'a toujours donné aucun signe de vie. Ses proches, comme la police, veulent encore espérer que les mauvais pressentiments vont rapidement s'estomper.
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